Ne, négation de propositions virtuelles1par Pierre Larrivée L'emploi de ne comme négation d'une proposition n'a jamais été pris tellement au sérieux par les grammairiens et les linguistes. Ils estiment qu'il s'agit soit d'un archaïsme2 soit d'un figement3 soit d'une variante stylistique de la négation de phrase ne ... pas,4 mais en tout cas pas d'un emploi normal en français contemporain. Hormis les grammaires, les travaux descriptifs (Cristea 1971, Gaatone 1971, Portier 1939) et quelques considérations rapides dans Culioli (1988), le phénomène a fait l'objet d'une seule étude, celle de Muller (1991). Pour Muller, ne négatif est un archaïsme. Il s'emploie ainsi non pas à cause de quelque propriété inhérente, mais par défaut, parce que pas ne s'emploie pas (1991: 226, 227, 314-315). Pas, quantifieur négatif de valeur absolue, serait omis quand le contexte contiendrait un élément à valeur plus relative qui comme un terme à polarité négative5 ou un subjonctif ne serait pas propre à exclure l'existence de ce qui est en cause. Ceci permet d'expliquer la fameuse valeur de négation atténuée de ne décrite par tant de grammairiens6: ne a une valeur atténuée parce qu'il accompagne un terme à valeur non-catégorique. L'auteur reprend donc pour l'essentiel la théorie de la discordance et de la forclusion de Damourette et Pichón (1940), théorie qu'il rejette pourtant à cause de son absence de fondements syntaxiques (1991: 207-8). La pétition de principe selon laquelle ne est une négation verbale résiduelle n'est justifiée en rien par l'exposé de l'auteur; les régularités distributionnelles que le lecteur peut observer permettent en fait de croire le contraire.
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L'emploi de ne négatif se retrouve le plus souvent à l'écrit, l'usage du mot étant en voie de disparaître à l'oral, et dans les contextes où est valorisé l'emploi de formes prestigieuses comme les textes littéraires où nous avons trouvé plusieurs exemples particuliers. Les énoncés qui permettent cet emploi se caractérisent par la présence Ainsi, les conditionnelles7 et les interrogatives permettent cet emploi 1. a. Si le grain ne meurt, il verra le soleil. de même que les impérativesH: 2. a. Ne me défiez! (Céline 1987: 11) On retrouve ne dans les subordonnées régies par pour9iH): 3. a. (...) je faisais l'impossible pour qu'une engueulade ne survînt entre Bien que ne soit attesté dans les subordonnées liées à un recteur à 4. a. Comme c'est triste que la société ne soit un perpétuel bal blanc! son emploi est restreint dans ce contexte, vraisemblablement à cause de On trouve ne dans des propositions dépendant de principales affectées
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5. Je ne dis pas que d'un côté comme de l'autre il n'y ait à cacher d'assez une complétive à valeur causale: 6. a. Ce n'était pas qu'il ne regrettât honnêtement son père. (Damourette ou une consécutive: 7. Seule l'Afrique subsaharienne est en régression générale, mais son sous-sol regorge de richesses et elle n'est pas si peuplée qu'une aide internationale intelligente ne puisse venir à bout de ses maux. (Muller 1991: 237) Ces contextes sont ceux qui régissent ordinairement un terme à polarité 8 a Où n'est i! allé?'2 le conjonctif à valeur conditionnelle13: 9. a. Si le grain ne meurt, il verra le soleil. ou le terme à valeur évaluative qui rend son emploi possible: 10. a. Rares sont ceux qui n'ont joint, un jour ou l'autre, le rang des Cependant, les TPN sont susceptibles de colorer négativement l'interprétationd'un
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qu'aucune personne n'a travaillé. Par contre, Qui n'a travaillé implique Cette valeur argumentative confère donc une valeur de quantificateur 11. a. Où n'est-il allé? Il en va de même des propositions relatives à antécédent indéfini: 12. a. Il n'y a personne quineine parte en vacances, On retrouve ne associé à un ensemble de termes qui partagent une 13. a. Cet ami de Daniel qui lui prêtait sa chambre quand ils n'avaient où des syntagmes nominaux sans article,18 comme dans ne voir goutte, ne 14. il n'est bouche qui le profère. (P. Claudel, 1922, Connaissance de l'Est des syntagmes nominaux à valeur superlative: 15. a. Même le gothique de ma chambre ne résistait aux mains énergiques
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d. On sent qu'il n'y aurait pour elle de pire disgrâce que d'être privée ou relative: 16. a. Il n'y avait pour elle d'autre issue que l'amour. (Gaatone 1971: 72) Ces (groupes) indéfinis auxquels s'associe ne ont donc un comportement referenti el analogue dans ces cas aux forclusifs personne, rien et aucun N, de la même façon que certains termes s'associant avec ne ont un comportement référentiel analogue au forclusif pas: 17. a. [...] elle jette son dévolu sur un homme qui ne la connaît du tout En contexte très littéraire, les subordonnées relatives permettent l'empioi 18. a. ... toi, donc, qui possédant aussi bien qu'homme du monde, tous les secrets de l'art et ceux de la nature, toutefois ne prescris, ni ne préconise, baumes, ni bols, ni les mastics mystérieux; toi, davantage, qui ne te fies aux élixirs .... (Wilmet 1976: 1077) b. Les feuilles que l'hiver ne ternit quand il passe. (Damourette et Pichon 1940: 166) c. On s'assoit pour manger. Aussitôt l'envie de vomir revient. Le pain est celui qu'il n'a mangé, celui dont le manque l'a fait mourir. (Grevisse 1986: 1481) Cet emploi de ne peut aussi être motivé par la valeur du verbe qu'il détermine, qui n'établit pas l'existence de l'événement infinitif qui le détermine. Parmi eux, les verbes modaux, à l'exception de devoir et falloir. 19. a. Je suis presque heureux de ne pouvoir réfléchir [...]. (Gaatone 1971:
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Ne ne s'emploie avec savoir que quand ce verbe dénote la certitude: 20. Je ne sais s'il danse. plutôt que la possession de connaissance (Grevisse 1986: 1479): 21. a. ?*Jene sais danser, De même, ne pouvoir évoque la possibilité:
11. a. Je ne peux danser. plutôt que la capacité en tant que telle (Muller 1991: 232): 23. Je ne suis pas capable de danser. Les autres verbes impliquent soit un engagement minimal du sujet dans 24. a. Ceux qui venaient ne daignaient s'asseoir. (Grevisse 1975: 934) soit le geste minimal que le sujet devrait faire dans les circonstances22: 25. a. C'est une bête égarée, ou morte, car elle ne bouge. (Grevisse 1975: minimum dénoncé par la possibilité d'adjoindre même pas à chacun des C'est peut-être la fonction d'auxiliaire d'infinitif souvent remplie par 26. a. Il connaît tous les métiers et a pratiqué tous les sciences, mais il ne fonction qui caractérise aussi les auxiliaires aspectuels:
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27. a. Encore tu n'avais commencé à naître. (Irigaray 1982: 25) Ces verbes évoquent la situation d'un événement par rapport à son 28. a. [...] la défiance qu'il ne cessa de nourrir envers le projet [...]. (Gaatone Ne s'emploie avec des modalités temporelles qui délimite le cadre de 29. a. J'espérais qu'il ne m'avait depuis ces temps déjà lointains tout à fait De même, on le trouve dans ¡es subordonnées de ces modalités, assnriés 30. a. Il a bien changé depuis que je ne l'ai vu. (Grevisse 1986: 1480) Ces expressions évoquent la période de non-réalisation de l'événement (Le Bidois 1938: 648, Wagner et Pinchón 1962: 393). Il y a brouillage dans ce contexte entre l'énoncé positif et négatif; l'évocation de la période de non-existence d'un événement: 31. a. Il a changé depuis que je ne l'ai vu. ou celle de la dernière occurrence de cet événement: c. Il a changé depuis que je l'ai vu. déterminent deux points de vue sur une même situation. Ce brouillage
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part à pouvoir employer ne dans d'autres contextes où l'énoncé positif
32. a. Le verre est à moitié rempli. ce qui n'est pas le cas. D'autre part, d'autres expressions qui déterminent 33. Et la base [...] minaude autour de Robert Libman, l'ancien chef du Parti Égalité, celui qui sabotait la stratégie hydro-québécoise quand il n'était occupé, dans les capitales étrangères, à faire passer le gouvernement libéral pour la lie des démocraties nord-américaines. (L. Bissonnette, 2. 8. 1993, «Requiem pour les partis», Le Devoir, 12) L'emploi de ne obéit donc à une logique interne, qui prévaut aussi dans 34. a. Que ne suis-je déjà en vacances! et l'impossibilité plus ou moins accusée d'employer la négation de 35. ? * Que ne suis-je pas déjà en vacances!
Ne s'emploie donc de façon non-productive en interrogative (31.),28 en 36. a. Si ce n'est. en imperative: 37. a. Le bien d'autrui tu ne prendras. (Grevisse 1986: 1481) en proposition optative: 38. a. À Dieu ne plaise.
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et en complétive dépendant d'une principale négative: 39. a. Il fait partie de ces écrivains qui n'ont de cesse qu'ils n'aient exécuté Ne s'associe à des locutions verbales qui marquent le non-engagement du locuteur dans un événement - il n'empêche, il n'importe -, ou qui y invitent - n'avoir crainte, n'avoir cure, n'avoir garde. Ces expressions ont sans doute servi de modèle à la production de l'énoncé suivant: 40. Je n'ai malheureusement fait attention à mes reins ... (TLFQ: 15. 2. 1913, Ne s'emploie donc comme négation de phrase dans des contextes qui impliquent la virtualisation de la prédication verbale en cause.29 C'est pourquoi il donne l'impression d'une négation polie, atténuée, non-catégorique. C'est aussi la raison pour laquelle à l'instar d'une négation atténuée comme guère il est peu utilisé comme négation argumentan've (Muller 1991: 231): 41. a. Max ne peut pas y aller demain mais bien après-demain. puisque la négation polémique se fait en contexte à valeur actualisante, où on nie une croyance ou un énoncé antérieur. De même, comme guère et contrairement à pas, ne tend à porter sur l'ensemble de la proposition plutôt que sur une de ses parties (Larrivée 1993b)30: 42. a. Quoique tout le monde ne cessât de le voir. (=personne ne cessât) D'ailleurs, ne s'associe souvent à des termes (indéfinis, TPN, depuis N) La négation de phrase ne est donc un emploi vivant du français écrit
Pierre Larrivée Université Laval, Québec
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Notes 1. Cet article est une version remaniée du cinquième chapitre de mon mémoire de maîtrise (Larrivée 1993a). Je veux remercier M. Claude Poirier qui m'a donné accès aux fichiers du Trésor de la Langue Française au Québec (TLFQ), dont les exemples se sont révélés précieux. Je veux aussi remercier Jacques Ouellet, Patrick Dufley, Joseph Pattee, René Lesage et Daniel C. Le Flem qui ont commenté la version initiale de cet article. Toutes les erreurs résiduelles sont miennes. Au moment de mettre sous presse, j'ai relevé les exemples suivants: a. Quiconque n'est encore convaincu de l'étendue de la secousse sismique qu'a subie le monde en 1989, doit se faire un urgent devoir de lire l'excellente copie du premier de classe Alain Mine. (R. Côté, 5.2. 1994, «L'ère du flou», Le Devoir, D7). b. Espérons seulement qu'il ne récidive. (O. Tremblay, 13.8.1994, «Entre le Cheez-Whiz et la barbe à papa», Le Devoir C3). c. Il est spontané mais il ne l'est toujours. (P. Valéry, 1987, Cahiers 1894-1914, Gallimard, p. 123) 2. Chevalier et alii 1988: 430, Muller 1991, Tesnière 1976: 231, Wagner et Pinchón 1962: 392, Wilmet 1976: 1082. 3. Dubois et Dubois-Charlier 1970: 191-2, Martinet 1984: 138, Milner 1979: 80. 4. Cristea 1971: 53, Gaatone 1971: 69, Wagner et Pinchon 1962: 392. 5. Les termes à polarité négative (TPN) sont des mots ou des expressions qui s'emploient seulement dans des contextes virtualisants, négatifs notamment: a. Il n'a pas levé le petit doigt pour l'aider. b. * II a levé le petit doigt pour l'aider. 6. Cristea 1971: 53, Chevalier et alii 1988: 430, Damourette 1932, Damourette et Pichon 1940: 169, Gaatone 1971: 69, Wartburg et Zumthor 1947: 149; Muller finit par reconnaître cette valeur (1991: 224) à son corps défendant (1991: 226, 229). 7. J'ai également relevé cet emploi dans une concessive: a. Bien qu'elle n'ait eu à subir le choc de la langue en arrivant au Québec, la jeune femme dit toutefois avoir été frappée, en arrivant, par le type d'enseignement en vigueur chez nous, qui se situerait à des années-lumières des méthodes pédagogiques chinoises. (10. 2. 1994, «Le grand bond au Québec», Au Fil des Événements, 29, 22, p. 1) 8. Qui revêt alors une nuance sensible de politesse qui atteste de la possible valeur virtuelle de l'impératif puisque la langue se sert le plus souvent des contextes virtuels pour marquer la politesse, comme les interrogatifs: a. Voudriez-vous fermer la fenêtre? le conditionnel: b. Si on fermait la fenêtre... c. Ferme/ la fenêtre, s'il vous plaît. le subjonctif: d. Veuillez fermer la fenêtre. l'utilisation de personnes inclusives (voir (b.)): e. Fermons la fenêtre. étant donné que ces contextes représentent la situation en cause comme ouverte, donnant ainsi à l'interlocuteur l'opportunité de choisir.
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9. On le trouve également dans celles régies par afin: a. Va t'y inscrire afin qu'on ne te déclare déserteur ou pis encore. (Gombrowicz 1990: 26-27) 10. Ne n'est pas sujet à l'extraction que subit (ne) pas dans ce contexte: a. Je faisais l'impossible pour ne pas qu'une engueulade survint entre nous. b. * Je faisais l'impossible pour ne qu'une engueulade survint entre nous. 11. On trouvera des exemples analogues chez Damourette et Pichon (1940: 117, 143, 144, 161-162) et chez Muller (1991: 361, 365). 12. Notez la différence de sens entre: a. Où n'est-il allé? qui a une valeur uniquement rhétorique, et: b. Où n'est-il pas allé? qui peut en outre signaler une véritable interrogation sur l'endroit donné où la prédication verbale en cause n'a pas eu lieu. 13. On a cependant l'expression non-productive ne serait-ce, qui n'est pas j :„ c . c i uumiiicc pai un luncicui. a. On se serait cru dans quelque foyer populaire, n'était ce décor autour de nous. (Cristea 1971: 65) 14. Milner (1979: 99, n. 34) émet l'hypothèse que le pronom interrogatif serait alors une variable liée par ne, au même titre que les forclusifs (pas, rien), les TPN et certains indéfinis. 15. Parallèlement, et bien que de tels exemples ne soient pas attestés, (a.) semble possible: a. Qui ne m'aime ne me suive. 16. J'ai également relevé l'exemple suivant: a. Je n'invite quiconque à partager ces miennes Nouilles vétustés [...]. (Gombrowicz 1990: 23). 17. L'emploi de ne seul permet à certains TPN d'être sujet d'une phrase négative, ce qu'interdit pas (voir Bremen 1986: 223): a. Qui que ce soit ne m'en a parlé. b. * Qui que ce soit ne m'en a pas parlé. c. Ame qui vive n'a visité ce château. d. * Ame qui vive n'a pas visité ce château. 18. Les locutions verbales sont ainsi suceptibles de favoriser cet emploi de ne; ainsi, (a.) est meilleur que (b.): a. ? Il n'a eu peur. b. ? ? Il n'a eu la peur qu'elle vienne. 19. Sur cette construction, voir Portier 1939.
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20. Damourette et Pichón (1940: 158) propose une quantification universelle comme paraphrase de cette construction: a. Il n'est si belle rose quineine devienne gratte-cul. b. Toutes les roses, si belles soient-elles, deviennent des gratte-culs. 21. La présence du restrictif, qui requiert en français standard un contexte antécédent négatif, assure l'interprétation négative de ne. Ne a bel et bien valeur négative dans cet emploi, comme en atteste le partitif de l'objet, par exemple: a. Il ne mange de viande que le dimanche. 22. Cristea affirme que ne s'emploie avec le verbe consentir, sans l'attester (1971: 66). 23. Damourette et Pichón (1940: 164) note que l'immobilité est plus absolue avec ne bouger qu'avec ne pas bouger. 24. Adjonction qui s'applique aussi aux exemples (26. a.), (26. b.) et (27. a.). 25. Voir Bremen (1986: 245). J'ai par ailleurs relevé ces exemples comparables: a. J'ai eu un frisson comme je n'en avais connu auparavant. (J. Dion, 25. 8. 1993, «Figures mythiques à la mer», Le Devoir, Al) b. [...] cet objet est en somme des plus sympathiques, - sur le sort duquel il convient toutefois de ne s'appesantir longuement. (F. Ponge, 1992, Le parti pris des choses, Gallimard, Paris, p. 38) 26. Culioli (1988: 31-36) se sert de la notion de brouillage pour expliquer tous les emplois de ne; cette généralisation n'est pas sans causer certains problèmes, notamment celui de savoir ce qui distingue l'emploi à valeur négative de celui à valeur explétive de cet adverbe. 27. C'est ma consoeur Theresa Mea, de l'université de Moncton, qui a attiré mon attention sur ce cas. 28. Où il «implique une nuance de regret ou d'impatience» (Wagner et Pinchón 1962: 392). 29. Les contextes qui permettent cet emploi de ne sont identiques à ceux que Culioli (1983) dégage pour la distribution du déterminant virtuel quelque. 30. Est également attesté l'énoncé suivant, où le quantifieur universel reste hors de la portée de la négation: a. Quelques hommes, si ce n'est tous, sont mysogynes. (J. Moeschler, 1992, «Une, deux ou trois négations?», Langue française, 94, p. 14)
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RésuméCet article discute de l'emploi de ne comme négation de proposition. Cet emploi semble corrélatif à la présence d'un facteur sémantique virtuel dans le contexte, facteur qui met en cause l'existence de la prédication verbale. En ce sens, il faut considérer que cet emploi est productif en français écrit contemporain puisqu'il obéit à une systématique d'ordre sémantique. Bibliographie
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